Le 110 km/h sur autoroute, tentation d’Élisabeth Borne


BILLET. Que peut-on imaginer de mieux que le 80 km/h sur route d’Édouard Philippe ? Le 110 sur autoroute de la Première ministre, adepte du vélo et du rail.

Sale temps pour les usagers de la route pour lesquels la suspicion du fautif pèse avant toute chose. Fautif de rouler en voiture et pas à vélo, fautif d'abattre des centaines de kilomètres par semaine et de ne pas prendre le métro, fautif de ne pas avoir les moyens d'acheter de l'électrique et de rester accroché à son vieux diesel, fautif de contester toute mesure de sécurité routière, car, de toute façon, il est présumé coupable.

Avec Jean Castex qui avait d'autres chats à fouetter qu'Édouard Philippe, les usagers auront eu un intermède et des éclipses liées aux confinements. Et l'heureuse découverte – souvent – du télétravail que les entreprises semblent désormais accepter sous conditions. Les embouteillages en chute libre ont démontré que l'adage « 5 % de voitures en moins dans Paris, et tout redevient fluide » pouvait avoir du sens… s'il n'y avait Mme Hidalgo pour restreindre les axes dédiés au trafic automobile. Ailleurs qu'à Paris, cela s'est vérifié et bien mieux passé.

Avec la nouvelle Première ministre, ce serait facile de dire que l'on pourrait dépasser les bornes. Ce n'est pas encore fait, mais le profil sévère et autoritaire de Mme Élisabeth Borne, doublé d'un cursus pas exactement autophile, ne plaide pas vraiment pour des jours heureux pour l'automobile. Tant pis pour l'industrie, déjà étranglée par les réglementations assassines sur l'environnement et acculée par les crises des semi-conducteurs et l'Ukraine, à l'effondrement de 20 % des ventes en Europe en avril (- 14,4 % au premier quadrimestre). Ces faits avérés cachent cependant l'incompréhension des consommateurs, orientés vers le choix unique de l'électrique.

Mme Borne, calée sur les rails de la SNCF pour laquelle elle fut directrice de la stratégie, a néanmoins une vaste compétence dans le domaine des transports puisqu'elle fut conseillère technique de Lionel Jospin sur ce dossier dès 1997. Un rôle qui lui a ouvert les portes d'Eiffage, au début des années 2000, comme directrice des concessions autoroutières. Une expérience qui lui fera prolonger de six ans la durée de ces concessions lorsqu'elle rejoindra la direction du cabinet de Ségolène Royal au ministère de l'Écologie en 2014-2015.

La source: Lepoint 


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